The Girl in the Fireplace

20 avril 2019

Sur mes écrans dernièrement [1]

Ces derniers temps, j'ai regardé pas mal de films / séries, mais je n'ai ni envie ni de quoi faire des billets pour chacun de ces visionnages. Petit résumé et avis rapide :

Sans titre 1

Crazy Rich Asians - Jon M. Chu

Rachel Chu va passer l'été à Singapour avec son petit ami, Nicholas Young. Ce qu'elle ignore c'est qu'il habite un palais, qu'il voyage en jet privé et qu'il est l'un des célibataires les plus en vue d'Asie.

C'est pas souvent qu'on a un cast entièrement asiatique dans une superproduction américaine, alors je n'allais pas bouder mon plaisir. Je trouve que ce film porte très mal son titre : au lieu de réellement nous montrer les extravagances de ces Crazy Rich Asians, il s'agit d'une romance finalement très banale qui n'a même pas réussi à me tirer une larme et pourtant dieu sait que c'est facile - je suis tellement bon public pour ce genre de choses ! L'histoire n'a rien d'original, les acteurs sont facilement oubliables (et pourtant, ça partait bien : la scène d'ouverture était mythique) et la seule chose que je retiendrai de ce film, c'est que je veux cette émeraude. Voilà, si vous aimez les bijoux, je vous ai donné envie de le voir. C'est divertissant, mais loin d'être mémorable. 

Silent Voice - Naoko Yamada

C’est en primaire que Shouko Nishimiya, une fille sourde-muette, est transférée dans la classe de Shoya Ishida. Ce dernier, élève turbulent, va persécuter la fillette, entraînant ses autres camarades de classe à faire pareil, jusqu’à la pousser à quitter l’établissement.
Aujourd’hui Shoya est en Terminale mais culpabilise toujours par rapport à ce qu’il a fait à Nishimiya. C’est alors qu’il va apprendre le langage des signes pour contacter l’adolescente…

Ce film m'avait fait très envie lors de sa sortie. Quand j'étais plus jeune je lisais pas mal de mangas - mais j'aimais moins les anime (bon, ok je suis fan des Sailor Moon 1e génération - j'aime bien Crystal aussi / et je trouve Nana super bien fait). Ici, non seulement je trouvais les dessins jolis, mais le sujet me plaisait particulièrement. J'ai toujours voulu apprendre la langue des signes - sans vraiment savoir pourquoi, je crois que j'aime juste les langues - et il y a 3 ans de cela j'ai commencé à le faire. J'ai dû m'arrêter pour cause de manque de finances et de temps, mais je ne désespère pas de reprendre un jour. Bref, j'étais attirée et intriguée. Au final, je suis assez déçue. C'est parfois brouillon, et j'ai souvent été agacée par les décisions des protagonistes. 

Seconde chance - Peter Segal

Une caissière dans une grande surface astucieuse va se lancer dans le monde de la publicité.

(Quel synopsis efficace ! *irony inside*) Donc, Jennifer Lopez incarne une employée de supermarché qui après des années de bons et loyaux services, se voit refuser la promotion à laquelle elle peut largement prétendre grâce à son investissement et la qualité de son travail. Elle rêve d'une autre vie, et l'opportunité lui en sera donnée par son neveu / le fils de sa meilleure amie (? je ne me souviens plus) qui va lui créer une nouvelle identité numérique. Elle va donc débarquer dans le monde du business et y faire sa place. 

La bande-annonce m'avait bien fait rire, et à vrai dire je m'attendais à un tout autre film. Ca tourne finalement vite à la comédie sentimentale gnan gnan et facile, avec un dénouement qu'on sent arriver à 500 km. Maya (le personnage incarné par J-Lo - est-ce qu'il y a encore des gens qui l'appellent comme ça ? Team 90s en force !) (et j'écoute ça pendant que j'écris ce post - même pas honte !) se glisse un peu trop rapidement dans la peau de cette exec hyper expérimentée. Quant à toute l'histoire de sa fille... bah okay mais non. Trop facile, trop téléphoné, vite oublié. 

Les Veuves - Steve McQueen

Quatre braqueurs sont tués au cours d'un coup qui tourne mal. Ils laissent à leurs veuves le soin de finir le travail.

J'aime Viola Davis d'amour. C'est une actrice magistrale, je l'aime dans tout ce qu'elle fait. 

A vrai dire, ça fait plus d'un mois que je l'ai vu et je ne m'en souviens pas. C'est dire. Tout ce qu'il me reste, c'est l'impression qu'il m'avait déçue et que je m'attendais à mieux. Toute la partie politique m'a semblé de trop.

Pitch Perfect 1, 2, 3 - Kay Cannon, Elizabeth Banks, Trish Sie

Beca est le genre de fille qui préfère écouter son lecteur MP3 que la personne assise en face d'elle. Fraîchement arrivée à la fac, elle a du mal à y trouver sa place. Elle intègre alors, plus ou moins contre son gré, une clique de filles qu'elle n'aurait jamais considérées abordables ou fréquentables : un mélange de pestes, de bonnes pâtes et d'originales dont le seul point commun est la perfection avec laquelle elles chantent a cappella. Et quand la nouvelle venue les initie, au-delà des arrangements traditionnels et des harmonies classiques, à des interprétations et des combinaisons musicales novatrices, toutes se rallient à son ambition d'accéder au sommet du podium dans cet univers impitoyable qu'est celui du chant a cappella à l'université, ce qui pourrait bien s'avérer la chose la plus cool qu'elles aient jamais faite, ou la plus folle.

Voilà une trilogie pas prise de tête, que j'aime beaucoup. J'adore les films musicaux, dès que ça chante je suis aux anges. Dans une autre vie, j'étais chanteuse, c'est sûr. Aujourd'hui, je chante toujours. Fort. En voiture. Pas toujours juste. Mais là n'est pas le propos. J'ai une petite préférence pour le 3e, qui est complètement barré et c'est complètement assumé. J'ai toujours un peu de mal avec Rebel Wilson, qui est bizarre ; certaines répliques / situations sont très américaines et ça crée une sorte de distance avec le spectateur français. Mais c'est drôle, c'est plaisant à regarder, c'est parfait quand on a un petit coup de mou !

Tomb Raider - Roar Uthaug

Lara Croft, 21 ans, n'a ni projet, ni ambition : elle se contente de sillonner en moto l'East End de Londres où son boulot de coursier lui permet à peine de payer son loyer. Et même si elle est inscrite à la fac, elle va rarement en cours. Fille d'un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l'empire de son père. Convaincue qu'il n'est pas mort, elle se décide un jour, sur un coup de tête, à résoudre l'énigme de sa disparition.
Tournant le dos à sa vie londonienne, Lara met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d'une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux : armée de son seul courage, elle apprend à repousser ses propres limites et plonge alors dans l'inconnu. Les enjeux sont désormais considérables pour la jeune femme. Car si elle survit, elle pourra alors prétendre au titre de "tomb raider".

Je n'ai joué qu'à un seul Tomb Raider : le 2. Vous vous souvenez ? Celui-là. Ouais, ça rajeunit pas. Et j'étais fan. J'ai vu le film avec Angelina Jolie (le 1er, je crois qu'elle en a fait 2), et bon, ce n'est clairement pas le film du siècle, mais c'est un bon divertissement. 

Pour celui-ci, j'étais curieuse. J'aime beaucoup Alicia Vikander que j'ai découverte dans The Danish Girl, j'avais hâte de voir ce qu'elle pourrait apporter au personnage. De ce côté-là, je suis ravie : elle incarne à la perfection une jeune Lara Croft casse-cou, têtue et déterminée. En revanche pour le reste... Certains jeux devraient rester des jeux. Je crois même que j'ai préféré celui avec Angelina. C'est un film d'exposition, il ne se passe pas grand-chose, il ne fait que préparer le suivant, s'il y en a un. 

Ocean's 8 - Gary Ross

La sœur de Danny Ocean rassemble les talents d'une dizaine de ses consœurs pour mettre la main sur un collier très convoité et ainsi confondre un bijoutier crapuleux. 

J'aime beaucoup Ocean's Eleven : un casting prestigieux, une réalisation soignée, un beau divertissement. (on évitera de mentionner Ocean's 12 et Ocean's 13 hein...) Alors si on reprend la même sauce, qu'on la féminise et qu'on met un casting tout aussi beau (Cate Blanchett, Sandra Bullock, Helena Bonham Carter, Anne Hathaway, Sarah Paulson), j'étais forcément au rendez-vous. Bon, n'est pas Soderbergh qui veut. Ce film n'est pas mauvais, mais il est loin d'être excellent. La seule qui tire vraiment son épingle du jeu c'est Cate Blanchett (ce smoking vert est de toute beauté). Dommage. 

Ghost in the shell - Rupert Sanders

Dans un futur proche, le Major est unique en son genre: humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

J'étais de ceux qui ont hurlé au scandale quand ce film a été annoncé. J'ai vu l'anime quand il est sorti au cinéma (hier en 1995) et j'avais adoré. Un poil philosophique à mon goût (je n'avais que 13 ans) mais visuellement magnifique. Et la musique !!! Elle vous prend aux tripes et ne vous lâche plus. Adapter ce film à l'américaine était déjà un affront, mais donner le rôle-titre à Scarlett Johansson, c'était un manque de respect vis-à-vis de l'oeuvre originale, sans parler de l'appropriation culturelle. Et puis la curiosité l'a emporté. 

J'avoue, ce n'est pas aussi catastrophique que je le pensais. Il y a beaucoup de scènes qui sont des copier-coller de l'anime et ma foi ça fonctionne assez bien. Scarlett Johansson est passable. Et puis bon, y'a quand même Takeshi Kitano. Lui, il peut pas être mauvais, c'est impossible. L'explication du pourquoi le perso principal est une blonde aux yeux bleu-vert est vite expédiée et à peine acceptable mais bon, on fera avec. Toute la dimension philosophique, la réflexion sur l'humanité a disparu (ou n'est qu'effleurée, au mieux). En clair, je ne peux qu'encourager les gens à regarder l'anime pour ressentir vraiment toute la portée de cette oeuvre. 

 

Seela a dit à 07:14 - - [0] pensées

Un avion sans elle - Michel Bussi

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l'identité de l'unique rescapé d'un crash d'avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l'une riche, l'autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l'histoire, avant d'être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.
Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu'à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu'à ce que les masquent tombent......

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 C'est ma belle-mère qui m'a prêté ce livre - avec une cargaison de Musso que j'ai dévorés - et ça faisait un moment que je voulais découvrir Bussi, donc ça tombait bien.

Je l'ai lu très rapidement, enfin si on peut utiliser ce terme pour mon rythme de lecture actuel. 1 semaine pour un tel livre, ce n'est pas non plus le record du siècle. 

Ca se lit très bien : l'écriture est fluide, l'intrigue se déroule bien, on a envie de savoir la suite. Comme toujours dans ce genre, je suis frustrée par certaines décisions des personnages ; par exemple, pourquoi Marc ne lit-il pas ce journal d'une traite ? Mais si ces décisions n'étaient pas prises, il n'y aurait pas de livre, alors il faut prendre son mal en patience et aller jusqu'au bout. Je crois que plus que l'écriture, c'est mon impatience qui fait que je dévore ce type de livres. Je suis frustrée de ne pas avoir le fin mot de l'histoire et si je refuse tout spoiler - certaines personnes de ma connaissance lisent souvent la dernière page avant d'y être, une hérésie -, je supporte mal de ne pas tout savoir. 

Le postulat de base est peu réaliste, mais c'est suffisamment bien amené pour que ça fonctionne. Mais justement, ce manque de réalisme fait que j'avais deviné le dénouement assez vite (avant la moitié du livre). La seule vraie surprise concernait pour moi le personnage du détective.

En parlant des personnages, j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher à eux - voire même je n'ai jamais réussi. Emilie m'a vite paru antipathique, Marc plutôt apathique et au caractère obsessionnel, les Vitral transparents, les de Carville inutiles. Le seul que je trouvais un peu sympathique, c'est Crédule. 

Dans l'ensemble, j'ai quand même passé un bon moment, mais comme toujours pour ce genre de lectures, je suis déçue de la facilité de l'enquête. Je dois en avoir trop lu, mais que voulez-vous, j'aime ça. 

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faisons le vide

5/46

Seela a dit à 05:17 - - [0] pensées
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22 mars 2019

Dark Eden, tome 1 - Chris Beckett

Au cours d'une expédition, des astronautes s'échouent sur une planète, qui ne doit sa chaleur et sa lumière qu'à la bioluminescence de sa flore et à son activité géothermique. Malgré les avaries subies par leur navire spatial, ils décident de tenter de retourner sur Terre ; deux d'entre eux, Tommy et Angela, préfèrent cependant rester plutôt que de courir le risque d'un nouveau voyage. Cent soixante-trois ans plus tard, leurs descendants espèrent toujours une expédition de sauvetage de la part des Terriens. Au sein de cette société stagnante et dégénérescente, appelée La Famille, l'adolescent John Redlantern fait tout pour rompre le statu quo. Il ne supporte plus de voir son peuple se cantonner dans la vallée étroite où l'homme a initialement posé le pied et souhaite explorer le reste de ce monde, quitte à se faire des ennemis...

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Je crois que je n'ai jamais vraiment lu la 4e de couv en entier, parce que le récit que je viens de lire ne ressemble en rien à ce que j'en attendais. Je pensais lire un livre de SF classique, avec des vaisseaux et des voyages à travers l'espace et je me retrouve en pleine quête initiatique à une époque ressemblant plus ou moins à notre préhistore ; j'ai donc eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, à ajuster mes attentes à ce qui m'étais proposé. 

La narration alterne entre plusieurs narrateurs, personnages principaux ou secondaires de l'intrigue. Comme j'ai du mal avec la narration à la 1e personne, ça ne m'a pas non plus aidée à m'immerger dans cet univers. Les personnages sont relativement creux et inintéressants - à vrai dire, le seul qui aurait mérité plus d'attention n'a eu le droit qu'à un chapitre de narration, et c'est dommage. L'évolution du protagoniste, John Lampionrouge, est décevante : au départ sympathique, lucide et source d'élan positif, il devient imbu de sa personneet égoïste, incapable de tenir en place. C'est nécessaire, certes, mais ça rend la lecteur de ses chapitres très pénible. 

L'intrigue est relativement plate et sans grand intérêt : en 526 pages, il ne se passe pas grand chose. Les personnages marchent, dorment, "cochent", chassent et recommencent. Malgré tout, j'ai quand même été un peu prise dans l'ambiance feutrée, et curieuse de continuer. La fin n'est pas réellement une surprise, et d'ailleurs ce n'est pas réellement une fin : ils continueront à marcher, dormir, "cocher" et chasser pendant longtemps. 

J'ai vu qu'il y avait un deuxième tome, mais je vais m'arrêter là. Je n'ai pas apprécié plus que ça cette lecture, et le sort des ces personnages m'est complètement indifférent. Il est temps de passer à un autre univers. 

 

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faisons le vide

 

 

 

 

 

 

 

4/46

Seela a dit à 11:54 - - [0] pensées
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05 mars 2019

L'Elégance du hérisson - Muriel Barbery

Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois.
Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. 

Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches.
Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. 

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Attention, spoilers potentiels.

En vérifiant sur Livraddict, je me suis rendue compte que j'avais ce livre depuis 2012. Il était temps que je le lise je crois. 

Pour être honnête, j'ai failli laisser tomber. Dès le départ, j'ai été un peu rebutée par la personnalité des deux protagonistes, que j'ai trouvées bien imbues d'elles-mêmes, et par le style ampoulé qui entretient cette impression. Entre l'une qui annonce qu'elle est plus intelligente qu'elle ne laisse paraître et que, par certains aspects, elle est bien plus intelligente et cultivée que tout le monde et l'autre qui se targue d'être pleinement consciente de la réalité de la vie alors que la plupart des gens se contentent de suivre le mouvement sans réfléchir, j'ai eu l'impression d'assister à un concours : qui est la plus hautaine et condescendante ? 

Mais heureusement, j'ai persisté. J'avoue avoir survolé certains passages - les dissertations sur la philosophie par exemple - mais j'ai retenu l'essentiel. Ou en tout cas cui me paraît être l'essentiel. A partir de l'arrivée de M. Ozu, tout se met en place : Renée et Paloma trouvent un peu de sérénité, s'adoucissent, deviennent presque plus humaines. J'ai beaucoup aimé cette évolution subtile et porteuse d'espoir. 

Et j'ai été bouleversée par la fin. Pas tant par le récit de Renée, qui m'a laissée indifférente, parce que j'ai eu l'impression qu'elle retombait dans son travers de sur-analyse. Mais les conséquences sur ceux qui restent sont magnifiquement abordées et m'ont clairement attristée. C'est une très belle fin, même si on la regrette et on en aurait aimé une autre. 

Une très jolie lecture donc, malgré un style parfois guindé. 

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3/46

Seela a dit à 07:55 - - [0] pensées
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13 février 2019

Si Beale Street pouvait parler - Barry Jenkins

Si Beale Street pouvait parler, elle raconterait à peu près ceci : Tish, dix-neuf ans, est amoureuse de Fonny, un jeune sculpteur noir. Elle est enceinte et ils sont bien décidés à se marier. Mais Fonny, accusé d'avoir violé une jeune Porto-Ricaine, est jeté en prison. Les deux familles se mettent alors en campagne, à la recherche de preuves qui le disculperont. Pendant ce temps, Tish et Fonny ne peuvent qu'attendre, portés par leur amour, un amour qui transcende le désespoir, la colère et la haine. 

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Je ne connais pas James Baldwin, l'auteur du livre dont ce film est une adaptation. En revanche, une de mes amies est fan, et quand elle a vu ce film à l'affiche, elle m'a proposé de l'accompagner. La bande-annonce ne m'a pas appris grand-chose, mais ça ne me dérange pas : j'aime bien aller voir un film sans idée préconçue. 

Beale Street, c'est donc l'histoire de deux jeunes Noirs, à une époque que je situerais dans les années 70 au vu des costumes, qui s'aiment. Fonny est accusé de viol et est envoyé en prison. Tish apprend qu'elle est enceinte. Tous les deux, chacun de leur côté de la vitre, vont apprendre à vivre avec la captivité de Fonny, la date de son procès étant en permanence repoussée. 

J''ai été charmée par le début (je dirais la première heure) : le casting est impeccable et ils délivrent un jeu qui nous plonge dans leurs vies à la première réplique. Il y a de l'amour (entre Fonny et Tish, mais aussi au sein de la famille de cette-dernière, qui lui procure un soutien sans faille), il y a de l'humour (certaines répliques sont percutantes) et de l'espoir. 

Mais ensuite, on est écrasé par une chape de plomb, et j'ai été déçue par la résignation ambiante. Le sort de ces personnages paraît inéluctable, et ils agissent comme tel. Les mauvaises nouvelles s'accumulent et ils ne font que les accepter. 

Je me suis demandée pourquoi cette résignation m'a paru insupportable. Je crois qu'elle est très bien décrite, et surtout, réaliste. J'ai tendance à voir les choses à travers le prisme de mon privilège, mais dans les années 70, il ne faisait pas bon être Noir aux USA (ceci dit, la vie n'est pas franchement rose pour eux aujourd'hui non plus). J'imagine que les dés étaient pipés et qu'ils le savent. J'aurais aimé plus de réactivité, plus de combativité, mais ça n'aurait pas été aussi réaliste ni aussi percutant. Ce film ne correspond pas à mes attentes, mais je ne peux pas nier qu'il est très bien fait. 

03

Seela a dit à 20:34 - - [0] pensées
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10 février 2019

Tant que nous sommes vivants - Anne-Laure Bondoux

"Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, et où nos richesses débordaient de nos maisons.
Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires. Une époque nouvelle commença. Sans rêve, sans désir.
Nous ne vivions plus qu'à moitié, lorsque Bo entra, un matin d'hiver, dans la salle des machines."

Folle amoureuse de Bo, l'étranger, Hama est contrainte de fuir avec lui. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers des territoires inconnus. Leur amour survivra-t-il à cette épreuve ? Parviendront-ils un jour à trouver leur place dans ce monde ?

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Je serais incapable de vous dire quand j'ai fait l'acquisition de ce livre. Tout ce que je sais, c'est que je l'ai acheté à France Loisirs, donc ça fait un moment. 

Dès la première ligne, j'ai mis beaucoup d'espoir dans ce roman : j'ai tout de suite été charmée par la plume pleine de poésie de l'auteure, et je suis tombée amoureuse de Bo et Hama. Bo, avec sa haute stature, ses épaules larges, sa démarche nonchalante, c'est un peu une incarnation littéraire de mon amoureux, alors je ne pouvais qu'être conquise. 

J'ai adoré l'histoire de ce couple, de leur évidence, de leur quotidien difficile. J'ai tremblé lorsque la tragédie est arrivée, et que la population, en mal de coupable, a décidé que Bo, cet étranger, avait amené le malheur. J'aurais pu lire tout un livre sur la révolte de cette ville, le combat de Bo et Hama contre l'adversité, quelle qu'en soit l'issue (je crois, que pour un tel livre, avec cette écriture, une fin tragique aurait été tout indiquée.

Mais Anne-Laure Bondoux a décidé de mener ses personnages sur un autre chemin, et je dois dire que je suis déçue. L'histoire reste poétique, on évolue dans un monde onirique, et j'ai apprécié ma lecture, mais en chemin, j'ai perdu Bo et Hama et leur amour. De plus, en cours d'histoire, on change de protagoniste ; Bo et Hama deviennent des personnages secondaires, et autant j'étais attachée à eux, autant le nouveau n'a pas trouvé grâce à mes yeux.  

De nombreuses questions restent en suspens, de nombreux pistes restent inexplorées, un peu à la manière d'un rêve, et je trouve ça dommage. 

Une belle lecture, mais qui ne m'a pas amenée là où j'aurais voulu. 

03


faisons le vide

2/46

Seela a dit à 10:48 - - [0] pensées
09 février 2019

Le Choix de Diane - Mireille Pluchard

Heureuse et insouciante, Diane de Joannis, demoiselle de Châteaublanc, voit sa vie basculer à la mort de son père. Sa mère se terre dans un couvent et la confie à son grand-père paternel, obligeant la jeune fille à quitter son cher domaine des Alpilles.
Sa beauté naissante et l'héritage prometteur de son aïeul, conseiller d'Etat au Parlement, font de Diane un parti prisé. A treize ans, elle est donnée en mariage au marquis de Castellane, de dix-huit ans son aîné. Si sa vie d'épouse ne la comble pas, elle lui permet dedécouvrir Paris et de se lier d'amitié avec le jeune roi Louis.
A la mort accidentelle de son mari, la jeune femme se lance dans une folle passion amoureuse pour échapper au couvent. Mais son nouvel époux révèle bientôt un caractère ombrageux. Commence pour Diane une vie de tourments dans laquelle le drame s'annonce inéluctable...

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Ca fait un moment que j'ai ce livre dans ma PAL, c'était un de mes achats France Loisirs quand j'avais un abonnement. Mis à part le fait que je cherche à faire du vide pour le déménagement (et donc à lire le maximum de livres non lus, histoire de savoir si je le garde parce que c'est un coup de coeur absolu, ou si j'en fais don à Emmaüs), je n'avais pas de raison particulière de lire ce livre cette semaine. Il est vrai que j'aime les romans historiques, particulièrement ceux dont l'action se déroule pendant le règne de Louis XIV. 

Cette lecture me laisse un goût d'inachevé. Je n'ai appris qu'après avoir fini qu'il s'agissait d'une histoire vraie : je ne connaissais pas ce personnage historique. Si je l'avais su pendant ma lecture, cela aurait probablement changé mon impression finale. 

Elle a assez mal commencé : j'ai cru pendant de longues pages lire une nouvelle version d'Angélique, Marquise des Anges - à la différence près que Diane est une provençale et non une poitevine, et qu'elle est brune et non blonde. Heureusement, l'impression s'estompe rapidement. La qualité d'écriture aide beaucoup ; j'ai même eu du mal à m'y faire, je n'avais pas lu une écriture aussi ciselée, un langage aussi châtié depuis de longues années. Et qu'est-ce que ça fait du bien ! J'ai beau préférer l'anglais, lire un roman d'une telle facture me rappelle à quel point la langue française est belle. De ce côté-là, ce roman est une réussite. 

Néanmoins, si j'ai suivi avec beaucoup de plaisir les aventures de Diane à Paris, sa rencontre avec Mme de Sévigné, ses interactions avec Ninon de Lenclos et la Brinvilliers, à partir du moment où elle épouse son second mari, je me suis ennuyée ferme. Encore une fois, si j'avais su qu'il s'agissait d'une histoire vraie, je n'aurais pas attendu de romanesque, de rebondissements. Ici, on subit les événements, et les derniers mois sont très longs. Diane elle-même étant dans l'attente, j'imagine qu'on peut dire que c'est une réussite, puisque j'ai attendu avec elle. Et, ce qui est préjudiciable, je n'ai pas réussi à me départir de mon esprit moderne et féministe : je me suis toujours dit qu'elle avait le choix et me suis demandée pourquoi elle ne s'échappait pas. Mais contrairement à Angélique, dont je parlais plus tôt, Diane était un vrai personnage historique, et en ce temps les femmes avaient peu de possibilités. Je me fais ces réflexions après lecture, n'ayant pu y penser pendant. 

Je ne peux pas nier que ce roman a d'énormes qualités, mais elles ne m'ont charmée qu'à moitié. 

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faisons le vide

1/46

Seela a dit à 12:11 - - [4] pensées
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07 février 2019

Before I Fall - Ry Russo-Young

Titre français : Le Dernier jour de ma vie

Samantha Kingston a tout pour elle : le petit copain le plus craquant du monde, trois meilleures amies géniales, et une côte de popularité illimitée. Ce vendredi de février aurait dû être un jour comme les autres. Un jour parfait dans une vie de rêve. Mais ce vendredi de février est le dernier pour Sam. Pourtant elle va obtenir une deuxième chance, pour démêler le mystère entourant sa mort. Une occasion de découvrir la vraie valeur de tout ce qui l’entoure.

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Je continue mon exploration des merveilles de Netflix par ce petit film dont je n'attendais rien du tout. Tout ce que j'en savais, c'est que c'est l'adaptation d'un livre écrit par Lauren Oliver, dont j'ai lu Delirium dans une autre vie. Et c'est un euphémisme de dire que je n'avais pas trouvé ça transcendant (je lui ai mis 8/20 à l'époque, c'est dire). Je n'étais donc pas emballée à l'idée de lire d'autres livres de la dame.

Attention, spoilers potentiels.

En me lançant dans le visionnage, je pensais voir un teen movie un peu niais, plein de clichés, qui finit bien. Mais pourquoi as-tu décidé de le regarder alors, me direz-vous. Parce que j'aime bien me tromper. Parce que j'aime bien être surprise. 

Et je suis contente de l'avoir fait. Qu'on soit d'accord tout de suite : ce n'est pas un grand film. Mais c'est un beau film. Il m'a émue. 

Effectivement, c'est un teen movie, et il y a des clichés. Mais il est loin d'être niais. Le concept de la journée qui recommence sans fin est un concept éprouvé (au cinéma et dans les séries) qui fonctionne bien et que j'aime beaucoup. Ici, le seul bémol que j'émettrais concernant l'utilisation de ce procédé, c'est que les journées ne sont pas assez détaillées : on a un enchaînement de courts moments (5 minutes environ) sans véritablement développer les relations entre les personnages, et pourtant ça fonctionne. On se prend d'amitié pour ces personnages (bon, sauf pour Rob, parce que bon, Rob est un cliché ambulant et il n'est vraiment pas intéressant), même ceux qui pourraient être détestables (eh oui, j'ai un mini faible pour Lindsay, malgré le mal qu'elle a fait aux autres, on sent que c'est une fille bien, elle aurait mérité d'être davantage développée).

La journée recommence sans fin sans être répétitive, et on aime toujours un peu plus Sam (bon, j'étais conquise depuis le début, Zoey Deutch étant une actrice que j'apprécie depuis Ringer - j'aimerais bien qu'ils la mettent sur Netflix d'ailleurs, j'aimerais bien la revoir !). Sa famille a l'air cool et sa petite soeur est trop mignonne. J'ai lu des commentaires sur Sériebox de personnes qui ne comprenaient pas pourquoi elle était désagréable avec sa petite soeur. Clairement, ces gens n'ont pas eu de petit frère ou de petite soeur avec quelques années de différence, sinon, ils n'auraient même pas fait la remarque. En tout cas, vu que j'ai grandi avec un petit frère de 6 ans mon cadet, ça m'a parlé et j'ai trouvé ça très réaliste. 

J'ai beaucoup apprécié l'atmosphère générale du film : pas de Californie baignée de lumière, et bien que le film soit centré sur des personnages clairement privilégiés (le jour où j'aurai une maison pareille, c'est le jour où j'aurai gagné au loto), on ne se noie pas dans la superficialité. J'aime l'ambiance, la lumière de ce jour de pluie, l'environnement boisé. C'est du détail, mais ça m'a plu.

Et ce qui a fini de me convaincre, c'est la fin. Je ne pensais vraiment pas que ça se finirait comme ça, et j'en suis ravie. Triste, mais ravie. 

Au final, une très bonne surprise qui m'a presque - presque - donné envie de lire le livre. 

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Seela a dit à 18:12 - - [2] pensées
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06 février 2019

Bird Box - Susanne Bier

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Alors qu'une mystérieuse force décime la population mondiale, une seule chose est sûre : ceux qui ont gardé les yeux ouverts ont perdu la vie. 
Malgré la situation, Malorie trouve l'amour, l'espoir et un nouveau départ avant de tout voir s'envoler. 
Désormais, elle doit prendre la fuite avec ses deux enfants, suivre une rivière périlleuse jusqu'au seul endroit où ils peuvent encore se réfugier. Mais pour survivre, ils devront entreprendre ce voyage difficile les yeux bandés.

J'aime bien Sandra Bullock, même si je ne l'ai vue que dans des comédies romantiques sans grande consistance (mais attention, j'aime ça !). Ca me change un peu de la voir dans un rôle dramatique.

Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, n'ayant ni lu le résumé ni vu la bande-annonce. J'aime bien me lancer dans des films / livres sans rien savoir de l'intrigue à l'avance. 

D'habitude, dans ce genre d'histoires, je suis frustrée parce qu'on ne connaît pas l'origine du virus / de la catastrophe / de l'événement perturbateur. Et en général, ça m'intéresse bien plus que l'histoire qu'on nous montre. Bizarrement, dans ce film, ça fonctionne plutôt bien qu'on ne sache pas. Et je n'ai pas nécessairement envie d'en savoir plus. Voilà pour le bon point. 

Pour le reste... c'est un peu léger. Je me suis ennuyée, et j'ai souvent été tentée de surfer sur le net pendant le film. Sandra Bullock est une bonne actrice, et dans l'ensemble il n'y a pas de fausses notes du côté du casting (mention spéciale au personnage de Tom, que je trouve adorable à souhait, même si un peu lisse au final, et à ma chère Sarah Paulson qui est parfaite dans tout ce qu'elle fait). Mais la sauce ne prend pas. Je suis très bon public : je ris quand il faut rire, je pleure quand il faut pleurer, je sursaute quand il faut avoir peur... Là, je n'ai pas frissonné une seule seconde. Essai non transformé. 

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Seela a dit à 15:31 - - [0] pensées
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05 février 2019

Sierra Burgess is a Loser - Ian Samuels

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 Sierra est une lycéenne brillante qui s'apprête à viser l'entrée de la prestigieuse université de Stanford. Côté physique, elle ne rentre pas dans les stéréotypes de beauté tels que ceux répandus dans les couloirs de lycées. Alors, lorsqu'elle reçoit un texto d'un garçon prénommé Jamey, une romance par téléphone s'installe entre les deux. Problème, Jamey pensait converser avec Veronica, la fille canon du lycée, et surtout mauvaise élève. Sierra propose alors une solution à Veronica.

Je suis une fervente utilisatrice de Tumblr depuis des années. On y trouve toutes sortes de contenus intéressants, futiles et moins futiles. Ce site et ses utilisateurs ont permis de m'éduquer sur des tas de sujets un peu sensibles (féminisme, racisme, homophobie, nutrition...) tout en gardant un esprit critique bien sûr. Les nouvelles du monde y sont rapidement relayées et j'apprends beaucoup de faits d'actualité par là avant d'en entendre parler dans les médias français. 

Et question divertissement, ils ne sont pas en reste non plus. Cela fait donc quelques temps que la Tumblrshpère (est-ce que je peux dire ça ?) parle de 3 exclusivités Netflix : To All the Boys I've Loved Before, Sierra Burgess is a Loser et Dumplin'. Donc j'ai vu les 3 et le dernier en date est Sierra Burgess. 

Attention, spoilers potentiels.

On est clairement dans une romcom à la sauce ado, mais c'est un genre toujours efficace et qui parle à mon côté midinette. Que voulez-vous, on ne se refait pas. Et donc, mon côté midinette a complètement fondu : on a un jeune homme charmant et gentil, pas du tout cabotin, adorable avec son petit frère, bref le parfait exemple de ce qu'on voudrait voir majoritairement dans la vraie vie (et c'est rafraîchissant de voir un garçon dépeint de cette façon, sans rien qui puisse être problématique. Oui c'est un ado, oui il est un peu niais parfois, mais c'est un gentil garçon respectueux qui ne cherche pas à jouer avec les sentiments des gens - contrairement à ce qui est souvent décrit dans ces films) ; une héroïne loin des clichés (rondelette, des cheveux naturellement bouclés et roux, avec des tâches de rousseur - à l'opposé de la jeune sylphide toute fine aux cheveux lisses et brillants (et si possible blonds), à la peau sans défaut). On se prend vite au jeu des échanges par texto relativement réalistes. Et comme Cyrano de Bergerac est une de mes pièces préférées (si ce n'est ma pièce préférée), la réécriture, bien que maladroite, m'a fait plaisir. 

En revanche, sur le fond, il y a quand même quelques petits problèmes :

  • j'ai bien conscience que le film n'aurait pas lieu d'être si ça avait été le cas, mais quand tu reçois un texto de quelqu'un qui s'est trompé, soit tu ne répons pas soit tu dis "désolé tu t'es trompé", non ? En tout cas ça m'est arrivé relativement souvent, et j'ai toujours indiqué à la personne qu'elle avait le mauvais numéro. 
  • le personnage de Sierra est clairement antipathique. Je pense qu'il s'agit d'une maladresse et que l'intention était bonne, d'en faire une jeune fille ronde qui n'a pas besoin de subir une transformation complète pour devenir populaire et séduire l'élu de son coeur, parce qu'elle est parfaite comme elle est. Et la première scène montre ça : elle semble consciente de sa différence, mais confiante et bien dans sa peau. Mais ça change au fur et à mesure du film et elle se cache derrière des excuses et son apparence physique pour justifier des actions plus que limites : elle séduit Jamey en se faisant passer pour quelqu'un d'autre, l'embrasse sans son accord (si la situation avait été inversée, tout le monde aurait crié à l'agression sexuelle mais là, forcément, c'est mignon ?), balance sa copine devant l'école toute entière en publiant une photo et une information donnée en confidence et au final, pour seule excuse, écrit une chanson (au demeurant très jolie) pour expliquer que c'est pas de sa faute, c'est parce qu'elle est malheureuse d'être moche. 
  • le personnage de Veronica quant à lui est plutôt bien écrit. Certes, ses actions sont aussi répréhensibles que celles de Sierra, mais elle en tire des leçons, et son comportement évolue de façon positive. 
  • en 2 minutes, tout le monde pardonne à Sierra, y compris Jamey. Honnêtement, moi j'aurais plutôt peur si quelqu'un en qui j'avais confiance me mentait et se faisait passer pour quelqu'un d'autre pendant des semaines. C'est un peu facile et peu réaliste (oui d'accord, on a jamais dit que les romcom devaient être réalistes, mais quand même, un minimum, non ?)

Au final, malgré ces défauts, j'ai quand même passé un bon moment. Et vous, l'avez-vous vu ?

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Seela a dit à 11:57 - - [0] pensées
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04 février 2019

Django Unchained - Quentin Tarantino

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En 1858, dans le Sud des Etats-Unis, le Docteur King Schultz, ancien dentiste reconverti en chasseur de primes, arrête un convoi d'esclaves et libère l'un d'entre eux, Django. Il pourrait être un précieux témoin pour retrouver les frères Brittle, dont la tête est mise à prix. 
Les deux hommes les retrouvent rapidement et Django les tue, pour se venger du sort qu'il lui ont fait subir, ainsi qu'à sa femme, vendue comme esclave au grand propriétaire terrien Calvin Candie. 
Schultz décide alors de prendre Django comme associé. Il est prêt à l'aider à retrouver sa femme et à se venger de l'infâme Candie...

J'aime assez Quentin Tarantino, que ce soit en tant qu'acteur ou en tant que réalisateur. J'aime beaucoup Christoph Waltz, dont le jeu est toujours très juste et nuancé, avec toujours cette petite pointe de folie. En revanche, je déteste Léonardo DiCaprio. Je ne sais pas bien pourquoi : ado, comme toutes les minettes de mon âge, j'étais en pâmoison devant lui. Le LDC de Romeo+Juliet était à tomber. Et en toute honnêteté c'est un excellent acteur. Mais sa tête ne me revient plus. Les films dans lesquels il joue ne me plaisent pas (par exemple, Scorcese et moi on est pas très potes. Alors que Scorcese et LDC, oui. Voyez.). Alors forcément j'avais hésité à aller le voir. Pour finalement ne pas y aller. 

Mais il est sur Netflix et c'était l'occasion, d'autant qu'il est aussi sur la liste pour le Sériebox Ciné Challenge Top 100

L'histoire :

Somme toute assez classique, mais efficace. Ce qui est plus intéressant ici c'est la peinture de l'esclavage dans le sud des USA. Et j'avoue avoir eu le coeur retourné plusieurs fois. Certaines scènes étaient vraiment pénibles à voir (et je ne parle pas des sanglantes) : Hildi fouettée, le combat d'esclaves, l'esclave donné en pâture aux chiens, et même sans aller dans la violence, c'était dur de voir comment les Blancs traitaient leurs esclaves. 

Je n'ai pas vu passer la 1e heure. C'était rythmé, drôle et intense. En revanche, la fin est un peu longuette. Et jusque là, je me disais "tiens, pour du Tarantino, c'est soft !". Oui, bon, en fait non. Je pense sincèrement que le film n'avait pas besoin de cette débauche de sang et de violence, mais j'imagine que c'est la touche Tarantino. 

Mention spéciale pour la référence à Dumas qui m'a bien fait rire. 

Les personnages :

Quelle belle galerie ! Même pour les personnages secondaires ! (et je viens de réaliser que Big John Brittle est joué par un acteur présent dans Lost. J'ai cherché une bonne partie de la soirée où je l'avais vu, c'est bon, trouvé !) Chaque personnage, même mineur, est essentiel au film et apporte quelque chose. C'est assez rare pour être souligné. 

Comme je m'en doutais, j'ai adoré le personnage de Waltz de la première à la dernière seconde. Cet acteur est magistral. Jamie Foxx, que j'ai l'impression de découvrir alors que je l'ai vu dans d'autres films (il faut croire qu'il ne m'avait pas marqué plus que ça), est également excellent. La relation que Schultz et Django noue met du baume au coeur au milieu de toute cette violence, et redonne un peu foi en l'humanité. 

Le personnage de Candie est exécrable et très bien exécuté par LDC (que je n'aime toujours pas, donc) mais la palme du personnage le plus détestable revient sans conteste à Stephen, joué par Samuel L. Jackson. Vous voulez un traître ? en voilà un. Je ne comprends pas et je ne comprendrai jamais l'esclavage. C'est au-delà de ma compréhension. L'idée qu'une "race" puisse être supérieure à une autre... Mais ce que je comprends encore moins, c'est comment quelqu'un, qui fait partie des opprimés, peut oublier les siens à ce point et être aussi fidèle à des hommes qui l'asservissent, et pire, se sentir de la même famille qu'eux. J'ai éprouvé un dégoût presque physique à le voir évoluer. Voilà de quoi rendre au hommage au jeu de Jackson, impeccable comme d'habitude. 

Au final, un film efficace et bien réalisé malgré des longueurs et une débauche de violence sanglante sur la fin. 

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Petit point négatif qui m'a quand même un peu gâché le visionnage : le film a été produit par la Weinstein Company et j'avoue que donner de l'argent à ce porc me pose un peu problème. Il va falloir que je trouve un moyen de concilier mes convictions et mes divertissements.

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Seela a dit à 11:50 - - [0] pensées
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08 décembre 2018

The Haunting of HIll House - Mike Flanagan

À l'été 1992, Hugh et Olivia Crain s'installent temporairement dans un ancien manoir, Hill House, avec leurs cinq enfants : Steven, Shirley, Theodora (Theo), Luke et Eleanor (Nell). Ils subissent des événements paranormaux et des pertes tragiques, les forçant à quitter la maison. En octobre 2018, 26 ans après les hantises, les frères et sœurs Crain et leur père, Hugh, se retrouvent réunis après une nouvelle tragédie, les forçant à affronter les démons intérieurs de leur enfance partagée et leurs pertes. (source : wikipedia)

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Je cherchais quelque chose de nouveau à regarder sur Netflix (après Nanette de Hannah Gadsby et Son of Patricia de Trevor Noah, j'avais envie d'un peu de changement de genre) et l'affiche m'a bien plu. Alors je me suis lancée. 

Apparemment c'est adapté d'un livre que je ne connais pas du tout (et après avoir lu le résumé, je me dis que c'est très librement adapté, mais ça m'a quand même donné envie de le lire). Pour l'instant la série est composée d'une saison de 10 épisodes, et il y aurait une deuxième saison, qui raconterait une autre histoire. Ce serait difficile en effet de broder davantage sur celle-ci étant donné que l'histoire est close. 

Je ne connais pas le travail de Mike Flanagan, c'est la première fois que je le "croise". Eh bien croyez-moi, ce ne sera pas la dernière. J'ai absolument TOUT aimé. La preuve, j'ai dévoré les 10 épisodes en 2 jours. J'ai tellement tout aimé que je ne sais pas par où commencer. 

La série est catégorisée en horreur, et j'en suis ravie parce que ce n'est pas de l'horreur pleine de morts violentes et de sang et de membres découpés. C'est tellement plus subtil que ça. L'horreur est distillée au compte-goutte dans le quotidien de ces personnages. C'est exactement le type d'horreur que j'aime, sans effusion de sang, sans images violentes qui s'impriment dans votre rétine, mais une horreur intérieure, qui s'insinue. Il y a très peu de jump scares, mais ils sont tellement bien utilisés. La machine se met en route et on est inexorablement pris dans l'engrenage. Beaucoup de mes camarades sur Seriebox  ont trouvé le rythme beaucoup trop lent. Oui, c'est lent. Mais c'est nécessaire pour instaurer l'atmosphère, et surtout, c'est mené de main de maître. C'est lent, mais je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Depuis quelques années, il est très difficile pour moi de regarder une série (et encore plus un film) sans, à un moment donné, décrocher et faire autre chose en même temps, même pendant quelques secondes, ce que je n'ai pas fait une seule fois durant ces 10 épisodes. 

On suit l'histoire aux deux époques différentes, et là aussi, c'est fait de manière magistrale. Tout est clair, tout s'imbrique parfaitement. Tout cela repose aussi, bien évidemment, sur les différents acteurs. A part Michiel Huisman que je trouve moyennement bon, ils sont tous impressionnants. Mention spéciale pour les enfants (et notamment Violet McGraw qui joue Nell et que je trouve tellement mignonne) et Kate Siegel. 

Episode préféré : The Bent-Neck Lady (1x05)

Episode que j'aime le moins : Screaming Meemies (1x09)

Seela a dit à 12:35 - - [0] pensées
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27 novembre 2018

Terraforming Mars - Jacob Fryxelius

Depuis toute petite, j'aime les jeux de société. A l'époque, on jouait aux classiques : Monopoly, Cluedo, Dessinez c'est gagné ou Pictionary, La Bonne Paye, Hôtels, Destins : le jeu de la vie...

Aujourd'hui, je continue à jouer régulièrement (plusieurs fois par semaine), mais les jeux se sont un peu diversifiés. Il faut dire que l'offre est vraiment abondante, et de qualité. 

Mon préféré ces jours-ci, auquel je joue presque exclusivement depuis 2 mois (à l'exception d'une partie par-ci par-là de Catane, les Aventuriers du Rail ou jeux testés chez mes amis), c'est Terraforming Mars, d'autant qu'on vient d'acheter la dernière extension en date, Colonies, qui rajoute davantage de possibilités et donc de plaisir de jeu. 

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Le pitch : Durant les années 2400, l'humanité commence à terraformer la planète Mars. De géantes corporations, sponsorisé par le Gouvernement Mondial sur Terre, initient de vastes projets pour augmenter la température, le niveau d'oxygène et les étendues océaniques jusqu'à rendre la planète habitable.

Dans Terraforming Mars, vous jouez l'une de ces corporations et travaillez conjointement au processus de terraformation, mais êtes en compétition pour les points de victoires qui ne sont pas que donnés pour vos efforts à la terraformation, mais aussi pour l'avancement des infrastructures humaines au sein du système solaire.

TM est un jeu qui a déjà une belle notoriété puisqu'il est sorti en 2017 et ses extensions partent aussi vite que des petits pains chauds.

Attention, pour les néophytes, c'est un jeu long. Nous jouons régulièrement à 3 avec deux extensions (Prélude et Colonies) et une partie dure entre 3 et 5h. Bon, okay, 5h, c'était parce qu'on découvrait Colonies, ça a peut-être eu une incidence sur la durée de jeu. 

Le but, donc, est de rendre Mars vivable pour les humains. Pour cela, il faut agir sur les 3 paramètres globaux : augmenter la température et le pourcentage d'oxygène dans l'air, et poser des océans. 

Pour jouer, il y a un plateau général et collectif sur lequel on retrouve les paramètres globaux, la carte de la planète, des objectifs, des récompenses ainsi que la piste de points qui sert aussi, à chaque nouvelle génération, à déterminer l'argent que chaque joueur récoltera. Chaque joueur a également son plateau individuel sur lequel sont indiqués ses niveaux de production de ressources diverses (argent, acier, titane, plantes, énergie et chaleur). 

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Le jeu se compose également de tuiles (océans, villes, forêts et tuiles spéciales), de cartes et de divers marqueurs. 

Une partie se joue en plusieurs générations, qui elles-mêmes se décomposent en plusieurs tours. A chaque tour, les joueurs peuvent accomplir jusqu'à 2 actions. Lorsqu'ils n'ont plus rien à faire, ils passent leur tour jusqu'à la génération suivante. Chaque génération se déroule de la façon suivante : une phase de production (selon les marqueurs placés sur les plateaux individuels, les joueurs récupèrent les ressources qu'ils produisent), une phase de choix de cartes (de 1 à carte cartes), puis les actions. 

Au choix, on peut :

  • jouer une carte et appliquer les effets de cette dernière
  • utiliser une action d'une carte déjà posée précédemment
  • faire un projet standard (dont le coût et les effets sont indiqués sur le plateau)
  • transformer ses plantes en forêt ou sa chaleur en température selon le cours en vigueur
  • ou, avec l'extension Colonies, coloniser une planète voisine ou commercer avec elle.

Ca a l'air très complexe comme ça, mais en fait, ça ne l'est pas tant que ça. La règle est très bien faite, tout ou presque est inscrit sur les cartes, et il faut 1 à 2 parties pour vraiment se faire à la mécanique de jeu. C'est sûr, ça aide si on est déjà rodé aux jeux de ce type. 

Pourquoi j'aime ?

A cause de l'univers, déjà. En règle générale, j'aime les jeux de gestion, et quand ils se passent dans l'espace, c'est bonus. 

Je n'aime pas les jeux où on doit mettre des bâtons dans les roues des autres joueurs. Ce jeu en propose la possibilité sur certaines cartes, mais on peut très bien jouer sans cet aspect (ce que nous faisons avec mon compagnon et mon frère, mes deux camarades de jeu réguliers. Quand nous incluons un autre joueur, on rajoute cette dimension là, mais clairement, ce n'est pas ce que je préfère).

On peut prendre le temps de développer une ou plusieurs stratégies. 3h de jeu, ça peut paraître long, mais au final, ça passe tout seul et quand les parties sont plus courtes, nous sommes souvent frustrés de ne pas avoir pu aller au bout de nos stratégies. 

 Chaque partie est différente et comme on ne compte les points qu'à la fin, on a parfois des surprises sur l'issue de la partie. 

Ce que j'aime moins

Nous avons 3 extensions (Prélude, Colonies et Hellas / Elysium) et le plateau d'Hellas est de loin celui que j'aime le moins. De temps en temps nous retentons l'expérience mais elle n'est jamais vraiment concluante. 

Les cartes sont un peu abîmées. Il faut dire que nous les sollicitons beaucoup.

Je regrette que le plateau individuel n'ait pas d'encoches : un geste malheureux et les marqueurs de production volent. Sans parler des chats qui sont en plein quart d'heure de folie et qui sautent comme des fous sur la table (aaaaaaaaaargh!!!) (oui, c'est du vécu). Il existe des plateaux et des inserts de rangement, notamment sur etsy 'faits par des artistes, franchement), mais tout cela a un coût et bon... il faut avoir les finances qui vont bien. Un jour, peut-être. 

Comme vous voyez, ce sont des détails. Pour moi, c'est un des meilleurs jeux qui existent en ce moment ! Si ça vous tente, vous pouvez venir le tester chez moi ;)

Si vous habitez Brest, n'hésitez pas à passer ici  ou ici  pour l'acheter ! 

15 novembre 2018

Présentation en cours

Merci de votre patience pendant que je trifouille dans l'html pour faire un blog correct :)

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Seela a dit à 13:59 - - [0] pensées
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BRUIT - Premier cabaret d'impro

En 2016, je m'étais inscrite à un cours d'improvisation théâtrale proposé par un patronage laïque de ma ville. A cause d'un emploi du temps plus, j'avais été forcée d'arrêter avant la fin de l'année. L'année dernière, le même emploi du temps ne m'a pas vraiment laissé le temps de me réinscrire. Mais cette année, ENFIN, j'y participe à nouveau. 

La grande nouveauté de cette année, c'est que le BRUIT (c'est le nom de la troupe : Brest Recouvrance Urbaine Improvisation Théâtrale) se produit en public, non plus seulement à la fin de l'année dans les locaux rassurants du PL, mais bien dans un bar. Et la première avait lieu hier soir. 

J'ai longtemps débattu : j'y vais ? j'y vais pas ? Pour finalement y aller... en tant que spectatrice. 

Autant vous dire que je n'ai pas été déçue. Evidemment, je ne vais pas vous dire le contraire, mais ils ont été bons ! Parmi les catégories proposées : motus (on épelle le dernier mot énoncé), potiche (un spectateur volontaire malgré lui tient une position durant toute l'impro, tandis que les joueurs l'utilisent à l'envi), ni oui ni non (celle-ci est suffisamment explicite) et plein d'autres encore. Si vous voulez en savoir plus, la prochaine, c'est le 12 décembre, et cette fois, c'est décidé, je joue !

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Seela a dit à 12:30 - - [0] pensées
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13 novembre 2018

Nanette - Hannah Gadsby

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Qui ?

Hannah Gadsby est une humoriste et autrice australienne, originaire de Tasmanie. Elle est également titulaire d'un diplôme en histoire de l'art. Et elle est, accessoirement, lesbienne. 

Quoi ? 

Nanette est un stand-up qui, bien qu'il ait été nommé en référence à une serveuse qu'Hannah a rencontrée quelques temps plus tôt, ne parle pas du tout de cette personne en particulier. 

Enregistré lors de sa prestation à Sydney et diffusé sur Netflix, ce spectacle est d'une force rare. Hannah y aborde les codes de la comédie, les thèmes de l'homosexualité, de l'homophobie, du sexisme, de la patriarchie et bien d'autres. 

Je ne m'attendais pas à grand-chose en le regardant, si ce n'est à rire. J'avais déjà vu certains gifsets sur Tumblr, et ils m'avaient interpelée. Au final, non seulement j'ai bien fait de le regarder, mais en plus je le recommande chaudement. 

Ce spectacle ne ressemble à rien de ce que j'ai vu jusque là. D'accord, je ne suis pas vraiment une amatrice de spectacles comiques. Ma référence en la matière reste Elie Kakou et ma foi, cela fait déjà un certain temps qu'il nous a quittés. Ceci dit, la forme et le contenu même de ce spectacle en font une exception. 

Il commence de façon plutôt traditionnelle : un récit ponctué de blagues bien placées. Des références à sa vie quotidienne, à la réception de ses spectacles par le public (homme hétéro ou femme lesbienne, nous avons le choix) et l'explication de la mécanique du rire. 

Mais petit à petit, le spectacle prend une tournure plus sérieuse. L'humour est toujours là, mais la tension est de plus en plus grande. Le public est pris à partie et Hannah ne nous lâche plus. 

Ce spectacle est un véritable petit bijou. Il est drôle, certes (un minimum pour un one-woman-show comique), mais il est aussi profond ; léger parfois, mais surtout sérieux. 

Il m'a fait rire, il m'a fait trembler d'indignation et de colère, il m'a fait pleurer, il m'a donné envie de m'engager. 

Mon avis

Regardez-le. Que vous soyez un homme ou une femme, hétérosexuel.le ou homosexuel.le. Attention néanmoins, il pourrait bien vous faire un choc et vous ouvrir les yeux sur certains sujets sensibles. 

(bon, si vous êtes un homme blanc hétéro sexiste, mchiste et sans humour... y'a peu de chances que ça vous plaise)

 

 

15 mars 2018

Go, AlphaGo !

Il y a tout juste deux ans, AlphaGo, l’intelligence artificielle (IA) made in Google remportait la dernière manche d’un tournoi de cinq matchs contre le Sud-Coréen Lee Se-Dol, un des meilleurs joueurs de go au monde. Retour sur un moment historique.

Des débuts prometteurs

L’histoire commence dans les locaux de DeepMind, laboratoire d’innovation en IA basé à Londres et filiale de Google. Pour tester et améliorer le logiciel AlphaGo, Demis Habassis et son équipe proposent à Fan Hui, un Sino-français qui s’avère être champion d’Europe de go, de devenir son adversaire. Il accepte et se lance dans l’aventure, confiant.

AlphaGo gagne. C’est la première fois qu’une IA remporte un match de go face à un joueur professionnel. Bien entendu, la prouesse rappelle celle du match DeepBlue – Kasparov en 1997. Cependant, lorsque l’on sait que les combinaisons possibles au premier coup sont dix fois plus nombreuses au go qu’aux échecs (200 contre 20), l’exploit impressionne.

Lee Se-Dol : un nouveau défi

Forte de ce succès, et avec l’aide consultative de Fan Hui, l’équipe GoogleDeepMind se lance dans l’ascension d’un autre Everest : Lee Se-Dol, joueur Sud-Coréen parmi les meilleurs du monde. Alors que Fan Hui est 2e dan, Lee Se-Dol est 9e dan, le rang le plus haut qui existe.

La confrontation est programmée pour durer cinq jours, avec une manche par jour. Tout le pays encourage son champion : en Corée du Sud, le go fait partie intégrante de la culture, et les Coréens le placent au même rang que la musique, la peinture ou encore la poésie. Savoir jouer au go est un signe d’érudition. Le tournoi s’annonce donc passionnant.

Cinq jours passionnants et un résultat de 4-1, en faveur d’AlphaGo

Les trois premières journées sont éprouvantes pour Lee Se-Dol, car il s’agit de trois défaites. Faisant preuve de fair-play, il salue le travail de l’équipe GoogleDeepMind et présente ses excuses pour son jeu. L’émotion est palpable. Au-delà d’une simple tristesse due à la défaite, une certaine appréhension se fait ressentir : si l’on a réussi à créer une machine capable de surpasser l’un des meilleurs joueurs de go au monde, où se place la barre de l’impossible ? Les IA dépasseront-elles les humains et inverseront-elles la donne ? Les chercheurs s’accordent à dire qu’on en est loin ; Li Fei-Fei, directrice du Laboratoire des AI de Stanford, explique qu’on est plus proche d’un lave-linge intelligent que d’un méchant Terminator aux yeux rouges.

Le quatrième jour, unique défaite d’AlphaGo, est important à la fois pour Lee Se-Dol et pour GoogleDeepMind. Le Sud-Coréen a surpris l’IA qui a vu ses chances de victoire chuter et qui n’a pas été capable de redresser la barre. Cela a redonné confiance au joueur, gommé les peurs des spectateurs, et a permis aux concepteurs, malgré la déception, de récupérer ces informations pour améliorer le logiciel.

Trois composantes essentielles

Mais au fait, comment ça marche ? Thorpe Graepel, un chercheur de l’équipe GoogleDeepMind, explique qu’AlphaGo repose sur trois composantes essentielles : le réseau stratégique, l’arbre de recherches et le réseau de valeurs.

Le premier contient les parties de joueurs humains professionnels et met à disposition d’AlphaGo une base de données concrètes qu’il peut imiter. Le deuxième permet à l’IA d’analyser les différentes variations et d’anticiper les mouvements. Enfin, le réseau de valeurs comptabilise les probabilités pour déterminer le meilleur positionnement possible pour aller vers la victoire.

Cette version du logiciel dépend donc grandement du facteur humain : sans parties et coups à imiter, l’IA ne peut pas faire grand-chose. Mais depuis, le logiciel a bien évolué.

D’AlphaGo à AlphaGo Zero

Depuis la victoire d’AlphaGo sur Lee Se-Dol, le logiciel a bien évolué. Cette première version, baptisée AlphaGo Lee en honneur au joueur, a été remaniée pour lui permettre, en mai 2017, de gagner contre le numéro 1 mondial, un Chinois de 20 ans nommé Ke Jie.

Cette deuxième version, appelée AlphaGo Master, a elle aussi été améliorée pour donner naissance à AlphaGo Zero. Mais qu’est-ce qui a changé ? La grosse différence, c’est qu’en dehors des règles du jeu, aucun autre apport humain n’a été ajouté. Aucune partie jouée par des humains, aucun coup célèbre. Le logiciel a appris, seul, à maîtriser le go. En trois heures, il avait appris les bases du go. En trois jours, il battait AlphaGo Lee à plates coutures, par 100 à 0. En 40 jours, il l’emportait aussi sur AlphaGo Master (la version du match contre Ke Jie) par 89 à 11. Il ne reste plus qu’à attendre la prochaine étape.  

Sources :

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/01/27/fan-hui-champion-europeen-de-go-je-suis-le-premier-joueur-pro-a-perdre-contre-une-machine_4854891_4408996.html

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/05/23/comment-alphago-a-transforme-l-intelligence-artificielle-et-le-jeu-de-go_5132473_4408996.html

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/10/18/intelligence-artificielle-toujours-plus-puissant-alphago-apprend-desormais-sans-donnees-humaines_5202931_4408996.html

https://www.huffingtonpost.fr/2017/10/18/en-3-jours-lintelligence-artificielle-de-google-a-appris-le-jeu-de-go-et-ecrase-la-machine-qui-a-detrone-lhomme_a_23247579/

https://www.numerama.com/tech/299070-alphago-devient-autodidacte-lia-na-plus-besoin-de-lhomme-pour-progresser-au-go.html

https://www.lesechos.fr/19/10/2017/lesechos.fr/030744604725_intelligence-artificielle---alphago-battu-par----alphago.htm#

http://www.businessinsider.fr/demis-hassabis-jeu-casse-briques-intelligence-artificielle-alphago

Documentaire AlphaGo, disponible sur Netflix US depuis le 29 septembre 2017, sur Netflix France depuis le 2 janvier 2018.

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08 mars 2018

Genre vs culture - Quand les choix que nous faisons sont conditionnés par le genre

Commençons par une question toute simple : avez-vous l’impression d’être libres de toute contrainte dans le choix de vos activités (professionnelles, loisir…) ? Pour tenter d’y répondre, faisons un petit exercice tout simple. Voici une liste d’activités. Répartissez-les en deux groupes (et deux groupes seulement), comme ça, d’instinct. 

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Maintenant, si je vous dis : grâce, technique, affirmation de soi, émotion, rationalité, élégance, écoute, virtuosité, force, affectivité ; comment classez-vous ces mots en deux groupes ?

Est-ce que vos groupes ressemblent aux miens ?

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Si oui, vous avez une approche genrée de ces activités, c’est-à-dire que vous leur attribuez un genre. Les activités de la colonne de droite sont d’après vous des activités féminines, tandis que celles de la colonne de gauche sont masculines. Cette approche genrée, socialement construite, prouve bien que nous ne sommes pas si libres que ça dans nos choix d’activités, culturelles y compris.

C’est en tout cas ce que tend à démontrer la collection d’articles rassemblés sous le titre Questions de genre, questions de culture par Sylvie Octobre, ainsi que sa postface, signée par Marie Buscatto et intitulée « La culture, c’est (aussi) une question de genre », que je vais tenter de vous présenter.

Marie Buscatto, ainsi que les auteurs de la collection, émet donc l’idée que nous avons l’impression d’être libres dans nos choix de pratiques culturelles. Illusion trompeuse s’il en est. Prenons deux exemples présentés dans l’ouvrage : dans le premier, on nous explique que la danse classique est considérée comme féminine car elle exige de posséder des qualités jugées féminines : grâce, élégance…

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En revanche, le hip-hop est lui considéré comme une activité masculine, car elle exige de posséder des qualités jugées masculines : endurance, force, combativité…

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Le 2e exemple, qui nous concerne plus, montre que la culture scientifique est majoritairement masculine. Les femmes y sont, je cite : « rares, invisibles et infériorisées », tandis que les grands hommes de la science sont valorisés, aidant les jeunes garçons à se retrouver dans cette culture scientifique et à s’y sentir bien. (Bien qu’il ne s’agisse pas ici de genre, mais plutôt d’ethnie, si l’on prend en compte la population noire dans son ensemble, toutes origines confondues, doit bien se sentir invisible dans les différents média. L’impact d’un film comme Black Panther, mettant à l’honneur cette population, mettant en position de héros (voire de super-héros) les personnages principaux, noirs, est colossal mais rare, tout comme la présence des femmes dans la culture scientifique.

Dans nos sociétés modernes où l’on se targue d’avoir fait évoluer les mentalités, comment se fait-il que nous subissions ces contraintes de genre tout en ayant l’impression d’être libres dans nos choix ? Plusieurs facteurs entrent en compte.

D’une part, ces modèles sont perpétués par différents dispositifs de socialisation :

  • Familial tout d’abord : la transmission parents / enfants reste un lien fort et les réflexes acquis par les générations passées perdurent parfois jusqu’à aujourd’hui.
  • Scolaire ensuite : à l’école, dans les centres de loisirs, etc.
  • Ou encore médiatique. Les journaux, magazines, séries télé et films véhiculent tous une certaine vision de l’homme et de la femme. Les publicités pour parfum, par exemple, mettront principalement en scène de belles femmes bien apprêtées. On retrouve l’élégance, la grâce, la sensualité. Celles pour les voitures en revanche, utiliseront plutôt un homme, pour le côté viril, prise de décision. Et quand elles mettent en scène des femmes, il s’agit souvent de potiches tout juste bonnes à servir de faire-valoir à l’homme et à sa voiture.

Il existe aussi certains dispositifs beaucoup plus informels. L’autre jour, je parcourais un site de vente privées à la recherche d’un cadeau pour ma fille de 7 ans. Mon regard s’arrête sur une boutique de décoration avec des affiches au graphisme rigolo. Pas ce que j’aurais acheté, mais rigolo quand même. Oui mais… les choix, là aussi sont genrés. Les filles ont le droit d’être une princesse ou d’être superficielles, les garçons eux peuvent devenir des rock stars ou des docteurs. Pourquoi, d’après cette boutique de déco (comme pour tant d’autres), les filles ne pourraient-elles pas aussi des pirates, ou des pilotes de courses et pourquoi les garçons ne pourraient-ils pas être des princes, ou vouloir être le plus beau ?

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Une autre explication donnée par Marie Buscatto est l’existence de la naturalisation. L’idée est que tout ce conditionnement n’est pas socialement construit, comme on voudrait nous faire croire, mais bien le résultat d’une quelconque distribution génétique qui fait que les femmes sont, par leur constitution physique, des êtres fragiles et de la fragilité à la grâce il n’y a qu’un pas. Les hommes quant à eux, sont naturellement plus forts physiquement, ce qui implique nécessairement qu’ils soient également plus forts mentalement et donc plus aptes à occuper des postes à responsabilités, à pratiquer des activités demandant force, endurance, affirmation de soi.

D’après Marie Buscatto, les dispositifs de socialisation présentés auparavant sont invisibles, on ne se rend pas compte qu’on les « subit ».De fait, je cite « la fabrique sociale des différences genrées est rendue invisble au profit d’un discours qui promeut les choix individuels, les goûts subjectifs, les orientations personnelles. » Ceci est notamment flagrant lorsqu’on interroge des jeunes de 20 ans sur leurs pratiques culturelles. Ils sont persuadés que les pratiques sont le résultat de choix personnel basé sur leurs goûts et aspirations profondes, et que s’ils changeaient de genre, ils auraient choisi les mêmes pratiques. Ce qui est paradoxal, c’est que ces mêmes jeunes avouent penser que certaines activités sont des « trucs de garçons » tandis que d’autres seraient des trucs de filles. En ce qui concerne la culture scientifique, même constant. D’après ces jeunes, les filles aurait des cerveaux et des gènes qui justifieraient leur peu d’appétence pour la science.

Néanmoins, même s’ils sont rares, des exemples de transgressions, ou du moins de tentatives existent. Hommes comme femmes, même s’ils sont rares (et chez les hommes plus que chez les femmes, j’y reviendrai), essayent de s’affranchir de ce genrisme. D’après Marie Buscatto, cette démarche, contrairement à ce que l’on pourrait penser, surtout dans cet ère post-Weinstein, est plus difficile pour les hommes que pour les femmes. Les femmes éprouveraient moins de difficultés à s’affranchir de ce carcan, car elles subiraient moins la pression du regard extérieur et du jugement.

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L’exemple utilisé, celui d’un homme voulant être flûtiste depuis son enfance, obligé d’apprendre à jouer d’instruments plus masculins à la place (guitare, percussions) et qui a attendu de maîtriser lesdits instruments avant de finalement apprendre la flûte par peur d’une remise en cause de sa virilité, de sa capacité à assurer, voire même de son pouvoir sexuel.

Le titre de l’article donne une autre indication : la culture, c’est une question de genre, certes, mais il ne faut pas oublier le aussi. Si le genre est un critère déterminant dans les pratiques culturelles, il n’est pas l’unique. En effet, on peut aussi noter l’influence des déterminants sociales tels que les classes sociales, comme indiqué dans l’exemple de la culture scientifique : plus d’hommes que de femmes, certes, mais les hommes issus des classes populaires tendent à en être exclus. L’âge, les relations de couple, la présence d’enfants dans la cellule familiale, le métier exercé sont autant de facteurs à prendre en compte.

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Source : "La Culture, c'est (aussi) une question de genre" - Marie Buscatto, in Questions de genre, questions de culture dirigé par Sylvie Octobre

19 février 2018

Super-héros et féminisme

Je sors tout juste du cinéma où j'ai vu Black Panther

De manière générale, je ne suis pas fan des films de super-héros : je les trouve trop cliché ; le super-héros est dans la majorité des cas un homme, entouré de belles femmes qui servent de faire-valoir, et n'ont pour la plupart pas une once de pensées originales (bien loin donc, des femmes de la vraie vie). 

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Et puis est arrivée Wonderwoman. Une femme super-héroïne, dans un film réalisé par une femme, ça change un peu la donne. Et ça m'a donné envie de m'y intéresser (on passera sur le très médiocre Justice League, qui à mon sens détruit tout ce qui avait été fait dans Wonderwoman du point de vue du traitement des femmes).

Lorsque Black Panther a été annoncé, je trépignais d'impatience. Enfin, un film où les Noirs (considérés comme minorité dans la société actuelle et traités comme tels, voire même pire) ont la part belle. Et là, surprise : non seulement on a cette mise en exergue (et des tas de petites filles et de petits garçons dans le monde ont enfin pu s'identifier à des personnages positifs, porteurs d'espoir -  #representationmatters),

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mais il s'agit aussi d'un film qui propose l'image d'une femme forte, moderne, intelligente, non sexualisée et dont les émotions, au lieu d'être une faiblesse, sont une force.

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Un des personnages féminins les plus intéressants est Shuri. 

Petite soeur de T'Challa, elle est aussi responsable R&D (research and development). Elle est ouverte, curieuse, extrêment intelligente.  C'est elle qui conçoit le costume de Black Panther, c'est elle qui l'améliore, c'est elle qui soigne l'agent américain blessé par le grand méchant. On lui fait confiance en tout point. 

De nombreux memes circulent sur internet depuis la sortie du film, montrant une confrontation entre Tony Stark et Shuri (ils devraient d'ailleurs se rencontrer bientôt), et tous montrent que Shuri en sortirait vainqueur, haut la main. De plus, elle reste modeste (tandis que pour Stark, la modestie est un concept inusité).

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Elle entre dans la (très courte) liste des personnages principaux féminins qui sont des scientifiques. Nul doute qu’elle inspirera des tas de petites filles à se diriger vers les sciences.